Un soin particulier dès la graine - métier de pépiniériste de plants maraîchers
Mon métier

Un soin particulier dès la graine

 

Un soin particulier dès la graine.

Un soin particulier dès la graine - métier de pépiniériste de plants maraîchers

Toutes ces petites mains sont là pour prendre soin des plants et préparer les commandes en temps et en heure pour les maraîchers·ères.

Nous sommes un peu « leurs parents » ou « leurs nourrices », car nous accompagnons les plants dès leurs premiers pas.

 On peut comparer le germe à un fœtus, les jeunes plants à des nourrissons et des enfants.

 

Comment pousse un plant ?

Un soin particulier dès la graine - métier de pépiniériste de plants maraîchers

Nous les nourrissons dans nos serres, nous veillons sur eux, c’est à dire que nous donnons à la graine du terreau, un mélange de tourbe noire et blonde, de la matière organique, de l’eau, de la chaleur, et de la lumière naturelle.

Cette alimentation naturelle doit être adaptée en fonction des besoins des plants.

Tout d’abord, commençons par la germination, le temps de développement du germe varie de plusieurs jours dans la chambre de germination, ou en serre, en fonction des espèces. Aucune espèce ne germe à 100 %, nos meilleurs taux sont de 95 %. Parfois nous pouvons avoir un taux de germination très faible, notamment pour la pastèque sans pépin, ou pour du piment ou même certaines variétés de melon.

Il suffit de peu pour qu’un semis ne soit pas homogène ; cela peut dépendre de la graine, de la climatologie…                        Par exemple il est très difficile de faire germer des plants d’artichauts ou de salades, lors de fortes chaleurs, et des plants de pastèque sans pépin lors de températures plus basses.

À nous de nous adapter à ces aléas afin de fournir aux clients la quantité de plants commandée.

 Le temps de pousse, le temps d’élevage comprend aussi la durée du développement du plant en serre. Celui-ci varie en fonction de la saison (plus long en hiver qu’au printemps et qu’en été) et de l’espèce.

Prenons l’exemple du plant du melon, une spécialité de la pépinière : nous semons à partir de janvier des plants de melons en francs pour nos maraîchers·ères. Début d’année, le temps de pousse est approximativement de 30 jours alors qu’il sera plus proche de 15 jours pour des semis en juin-juillet.

Le temps de pousse varie aussi avec l’espèce. C’est ainsi que la courgette, qui fait pourtant partie de la même famille que le melon (une cucurbitacée), a un temps de pousse beaucoup plus court : 7 à 15 jours.

Le cycle pour obtenir un fruit est également différent : de 60 à 90 jours pour le melon contre 1 mois pour la courgette.

Il faut respecter le temps d’élevage d’un plant ; être patient, observer chaque jour l’évolution de celui-ci, répondre à ses besoins et surtout ne pas forcer les choses.

 

Comment adapter ses soins ?

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Il faut observer : si nous, êtres humains, avons chaud en serre, le plant aura chaud, si nous avons froid, le plant aura froid, si on sent de l’humidité dans la serre, le plant lui aussi sentira cette humidité….

Le pépiniériste doit se mettre à la place du plant, on doit l’observer, le comprendre.

Chaque année, chaque saison est différente, mais c’est notre travail d’observer les jeunes plants, qui sont des êtres vivants, de les soigner, de veiller à leur bon état de santé. Chaque geste doit être adapté.

Les serres ne nous protègent pas entièrement des écarts de températures imprévus, des fortes chaleurs, bien au contraire, du dérèglement climatique…

Lors des fortes chaleurs, nous pouvons rencontrer des problèmes liés à la germination, le germe meurt,  et ou se développe très mal. L’été, dans le Gard, la température à l’intérieur des serres peut aller jusqu’à 50 degrés Celsius, et en hiver descendre jusqu’à 6 degrés.

Nous devons automatiquement et manuellement adapter les ouvertures et fermetures des serres pour contrôler la température à l’intérieur de celle-ci.

NB : les serres au printemps et l’été ne sont pas chauffées.

Ce métier demande beaucoup de présence pour les jeunes plants, notamment pendant les périodes de fortes chaleurs. Lorsque les beaux jours arrivent, avec une présence accrue du soleil, le plant sera plus endurci, la couleur sera verte foncée et nous devrons beaucoup plus arroser et protéger les feuilles de certaines espèces afin d’éviter les brûlures.

Lorsque le temps sera couvert et frais, le développement du plant sera plus long et son aspect visuel aura une couleur verte claire et sera plus tendre.

Pendant les périodes de pluies, un fort taux d’humidité sera présent en serre et cela sera propice au développement de certaines maladies comme la cladosporiose.

Lors des vents violents, les plants vont s’assécher très vite, nous devons donc réagir rapidement.

Des bâches peuvent même se déchirer et doivent être remplacées rapidement afin de protéger les plants.

Même si c’est un milieu protégé, les insectes sont présents. C’est pour cela que les serres sont équipées de filets insectproof. Ce moyen de prévention, comparable à une moustiquaire, joue le rôle de barrière pour les insectes ravageurs.

Une autre méthode est d’installer des plaquettes bleues et jaunes avec des hormones qui vont permettre la confusion sexuelle, et donc la non reproduction des insectes ravageurs. Des lâchers d’insectes auxiliaires, et des traitements préventifs naturels sont également préconisés…

Notre démarche culturale est simple : les traitements phyto, ce n’est pas automatique.

Dans une serre, il y a de la vie et heureusement d’ailleurs. Nous devons être vigilants. Certaines espèces ou variétés sont plus sensibles aux nuisibles comme les pucerons, ou aux maladies…

Prenons l’exemple de la pastèque qui attire les pucerons, ou les choux la chenille. Certaines espèces ou variétés vont donc être plus observées que d’autres.

Nous devons adapter notre travail à ces ravageurs, aux maladies dues au climat en contrôlant la température des serres, les ouvertures et fermetures des ouvrants, la période et le temps d’arrosage…

Une attention particulière est portée à chaque espèce et même à chaque variété qui peuvent avoir des besoins différents.

 

Comment reconnaître un plant au top de sa forme.

 

mon métier - pépiniériste - schéma de plant

Notre métier est de vendre un plant en bonne santé, un plant sain capable de se développer correctement et d’affronter la vie extérieure en plein champ.

Il existe 4 indicateurs :

 

– Un des premiers indicateurs est la couleur des racines : des racines d’un blanc éclatant (sauf exception comme la betterave qui a des racines rouges par exemple).

Des racines bien blanches, en plein développement, vont entraîner une meilleure reprise en plein champ. Un plant dit jeune et en bonne santé aura un développement de la plante plus rapide qu’un plant qui a déjà souffert dans son godet.

S’il y a un non-respect du premier indicateur, cela va engendrer pour le/la maraîcher·ère une perte de temps lors de la reprise. En Occitanie on dit que le plant rancone (patine), c’est-à-dire qu’il prend plus de temps pour se développer en plein champ, le développement est anormalement long.

Le/la maraîcher·ère va dans certains cas, pour pallier ce problème devoir apporter de l’engrais organique et être très vigilant afin que la reprise se fasse correctement.

 

– Un second indicateur : le plant doit être endurci, résister aux vents, à certains écarts de température et d’hygrométrie, il doit être costaud…

Dans certains cas si le plant de melon n’est pas endurci (tendre), par un manque de luminosité ou un apport fort en eau, cela va entrainer de la casse au niveau de la tige, donc de la mortalité lors de la plantation par le client.

– Un troisième indicateur est la couleur des feuillages : bien verts. Cela va indiquer le bon état de santé des plantes également. Un feuillage plus clair va être un indicateur d’un manque d’azote ou d’un manque d’endurcissement.

– Un quatrième indicateur est l’absence de traces de maladies ou d’impacts de ravageurs.

Si des insectes ravageurs sont présents sur le plant ou s’il est malade, ces problèmes se poursuivront en plein champ et cela entraînera un double travail pour le/la maraîcher·ère : une vigilance supplémentaire et l’application des traitements phytosanitaires (naturels ou chimiques).

Un plant malade entrainera de nombreuses complications lors de la plantation et de la culture.

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